Bonjour,
puisque chacun y va de son anecdote, il n'y a pas de raison que je prive le forum de la mienne !
Mes parents sont "montés" à Paris en 1950, j'avais alors 3 ans. Mon père, pour améliorer sa situation, avait réussi à se faire embaucher chez Renault, à l'usine de Billancourt, alors en pleine accélération de production automobile d'après-guerre. C'était le presque démarrage de la 4 CV qui a fait la carrière que l'on sait.
Mon père avait alors un coupé Donnet avec un spider pour les passagers amateurs de grand air

. Je me souviens encore assez bien de cette auto, c'est dire si elle m'avait marqué malgré mon jeune âge ! Cette voiture avait été achetée d'occasion avant la déclaration de guerre, et remisée quelque part à la campagne pour la mettre à l'abri des prélateurs de toute sorte. De plus, sans pneus et sans essence, circuler en voiture à cette époque était réservé à une élite bien placée à laquelle n'appartenaient pas mes parents .....
Arrivés à Paris, la première tâche, et pas la moindre déjà à cette poque, fût de trouver un appartement en location. Ce qui fût fait assez rapidement finalement, un 2 pièces dans un vieil immeuble épargné par les bombardements alliés et proche de l'usine, sans chauffage ni salle de bain ni WC

. Et nous y avons vécu pendant 11 ans .... Aujourd'hui, tout le monde se plaint .... mais avant, sans oser se lamenter, ce n'était pas Bysance pour tout le monde

.
Les débuts furent donc assez difficiles, les fins de mois étant l'objectif prioritaire. Mon père prenant son vieux vélo pour aller travailler, la voiture était devenue un luxe insupportable. Il la revendit donc à un petit garage .... Renault .... qui existe toujours ! Les voisins de l'immeuble, jaloux ou racistes de nous voir arriver de notre "province", celle où l'on "parle avec l'accent" (caractéristique des populations inférieures), se moquèrent de cette séparation automobile en disant : " Tiens, ils ont vendu la voiture pour acheter de l'essence !". C'était très méchant, et surtout inutile de la part de gens qui n'étaient guère mieux lotis que nous ........ Mais eux parlaient plat, en honnêtes parisiens qu'ils étaient !
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Papy qui n'a pas l'essieu dans sa poche
